Dessiner de notre main non dominante – Jeu n°1

Ce jeu vous permettra de vous débarrasser de la crainte du dessin raté. Les gestes de votre autre main étant peu maitrisés, ainsi que l’impossibilité d’effacer, font que vous êtes obligés d’accepter le dessin tel qu’il vient, même imparfait. Laissez-vous surprendre par ces « créations imparfaites ». Vous serez certainement stupéfaits de leur étonnante expressivité.

Dessin - main non dominante

Matériel 

un feutre à pointe fine,
une feuille blanche (format au choix)

Expérimentation 

  • Choisissez un modèle : une personne de votre famille, un objet, une nature morte…
  • Tenez votre feutre (ou stylo bille) dans votre main non dominante et dessinez ce que vous voyez.
  • Regardez votre modèle plus souvent que votre dessin. Ce n’est pas grave si vos traits sont malhabiles, tremblants ou incertains.

Le but de l’exercice n’est pas de produire un dessin réaliste, mais d’entrainer la coordination entre vos mains et vos yeux.

Pour aller plus loin 

Réalisez une collection thématique (de portraits, ou d’objets, ou de paysages…) dessinée de l’autre main. Par exemple, dessinez de cette façon, les portraits de tous les membres de votre faille, vos amis, vos voisins, des inconnus dans la rue… Compilez au fur et à mesure ces dessins de l’autre main et réalisez un collage thématique ou une installation temporaire (telle une mini exposition) sur le thème de « l’autre main ».

Partage de quelques créations

Au-delà du dessin 

Réflexion

Dessiner ou écrire avec notre main non-dominante est certes une expérience inconfortable, déstabilisante, mais elle favorise le contact avec une dimension plus profonde de nous-même, plus intuitive, souvent ignorée ou sous-développée.

Nous avons tous une partie rationnelle, pratique, dominante, cherchant le contrôle et une partie plus sensitive, affective, imaginaire, intuitive, souvent en retrait, voire inconsciente.

Selon Anne-Marie Jobin, fondatrice de la méthode du Journal Créatif, « l’autre main » nous aide à passer au mode de fonctionnement moins dominant, moins rationnel et moins contrôlant. Elle favorise le passage à un mode de pensée plus intuitif et affectif, plus près de l’imaginaire et de l’enfant intérieur, plus artistique et poétique. Elle nous permet d’avoir accès à un monde plus profond, moins conscient, à ramener du matériel nouveau, inédit.

Beaucoup de personnes sont surprises de ce que leur « autre main » exprime.

Pratique

Pour aller au-delà du dessin, prenez tout d’abord conscience de ces deux parties complémentaires en vous-même (le conscient et l’inconscient, l’extérieur et l’intérieur, la surface et les profondeurs de notre Être).

Ensuite, écoutez ce que cette « autre main » a à vous dire.

Reprenez un de vos dessins réalisés de « l’autre-main » et, toujours en utilisant votre main non dominante, commencez par ajouter des mots clés, des expressions ou des phrases courtes.

Puis, prenez une feuille à part et écrivez de l’autre main ce que votre enfant intérieur voudrait vous dire. Vous pouvez également créer des variantes selon votre besoin du moment :

  • Faites parler un des personnages de vos dessins
  • Ecrivez l’histoire que votre dessin voudrait raconter
  • Ecrivez ce que votre mal de dos (ou tout autre pépin personnel) aurait à vous dire

Laissez les idées couler librement sans les censurer. Seule contrainte : tout comme pour le dessin, écrivez avec votre main non-dominante, peu importe la qualité de votre écriture et la vitesse de remplissage de la page.

En guise de conclusion

En guise de conclusion, je voudrais partager avec vous ce texte de Benjamin Franklin, un beau plaidoyer pour la main non dominante.

PÉTITION ADRESSÉE A TOUS CEUX QUI ONT DES ENFANTS A ÉLEVER
Benjamin Franklin, 1787(?)

« Je prends la liberté de m’adresser à tous les amis de la jeunesse et de les conjurer de diriger leurs regards compatissants sur mon malheureux sort, afin qu’on veuille bien faire justice du préjugé dont je suis la victime.

« Nous sommes deux sœurs jumelles dans notre famille, et les deux yeux de la tête ne se ressemblent pas plus que nous. Ma sœur et moi nous nous accorderions parfaitement ensemble, sans la partialité de nos parents qui font entre nous deux les distinctions les plus humiliantes. Depuis mon enfance, on m’a appris à regarder ma sœur comme si elle était d’un rang plus élevé ; on m’a laissée grandir sans-me donner la moindre instruction, pendant que rien n’a été négligé pour son éducation ; des maîtres lui ont enseigné l’écriture, le dessin, la musique et d’autres, mais si, par hasard, je laissais tomber un crayon, une plume ou une aiguille, j’étais sévèrement réprimandée, et plus d’une fois j’ai été battue pour être gauche et pour manquer de grâces. Il est vrai que ma sœur m’associe à elle dans certaines occasions ; mais elle prétend toujours la supériorité, ne m’appelant que lorsque je lui suis nécessaire, ou seulement pour figurer à côté d’elle.

« Ne croyez pas cependant, messieurs et mesdames, que mes plaintes soient dictées uniquement par un motif de vanité ; non, mon inquiétude a une base plus sérieuse : c’est la coutume dans notre famille que tout le travail pour se procurer la nourriture repose sur ma sœur et sur moi (et, je le dis en confidence à cette occasion, elle est sujette à la goutte, au rhumatisme, à la crampe et à plusieurs autres accidents) ; alors que deviendra notre pauvre famille ? Les regrets de nos parents ne seront-ils pas très grands, d’avoir établi une telle différence entre deux sœurs qui se ressemblent tant ! Hélas ! nous périrons de misère, car il ne sera pas même en mon pouvoir de griffonner une humble supplication pour obtenir des secours, étant obligée d’employer la main d’un autre pour vous faire part de mes chagrins. ».

« Veuillez, messieurs et mesdames, contribuer à rendre mes parents sensibles à l’injustice d’une tendresse exclusive et à la nécessité de distribuer leurs soins et leur affection à tous leurs enfants également.

« Je suis, avec un profond respect, messieurs et mesdames, votre obéissante servante.

« La main gauche. »

Belle journée avec l’exploration des capacités cachées de votre main non dominante pour la plus belle complémentarité des deux. 🙏

Stella

Partager l’article:
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2 réponses sur “Dessiner de notre main non dominante – Jeu n°1”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *